Chateau de Chaugy

Extrait des “mémoires” de Georges CHEVET, écrites pour ses enfants, petits enfants et arrières-petits enfants.

Enfin début juin c’était le débarquement. Les allemands, trop occupés avec les déboires de leur armée en URSS et par les Américains en Normandie, ont oublié la fin de notre sursis et c’est comme ceci que notre classe d’âge n’a pas eu à partir comme ce fut le cas de nos aînés.


Après le débarquement des alliés ; nous sentions venir la fin de la guerre et il fallait chasser les allemands au plus vite. Avec tous les jeunes de tendance et de différentes couleurs, nous nous regroupions pour participer aux ultimes combats, et le 28 août nous nous sommes réunis à la demande des réfractaires au STO qui avaient déjà formé un petit maquis et nous rejoignions le lieu de rassemblement, dans la grange de Mr Ravel qui existe toujours dans le chemin qui s’ appelle aujourd’hui « Rue du maquis de Chaugy », à Bessay. Nous étions 17 jeunes, dont une bonne moitié n’avaient jamais vu un fusil, à rejoindre le petit groupe du maquis dans un local de la ferme attenante du château de Chaugy.


Ce jour-là, c’était le jour du passage du train blindé qui était allé jusqu’à St Loup, probablement pour se ravitailler et qui remontait sur Moulins où était bloqué une division allemande en attente de repartir vers le nord-est. Au retour de St Loup et un peu avant Bessay ce train a été bloqué suite à un sabotage des voies à 2 km au sud. Il y eut quelques rafales de mitrailleuse entre les allemands qui accompagnaient le train blindé et une voiture du maquis qui s’était aventurée dans le bourg par hasard. Il y eu un mort. Cette voiture disparut rapidement par un chemin de terre et l’incident était clos. La maisonnette du passage à niveau où habitaient les parents de ma future épouse reçu une rafale dont les marques existaient toujours quand elle fut démolie il y a quelques années.


Nous n’étions pas armés, à l’exception de nos chefs, et il valait mieux que ce soit ainsi. Car si nous avions été armés quelqu’un aurait pu prendre la décision d’attaquer et cela aurait pu tourner à la catastrophe et faire un deuxième Oradour.


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